30.09.07
Russborough House

Russborough House semble figurer parmi les plus belles demeures d'Irlande et se situe à une dizaine de kilomètres de chez nous. Au cours d'une visite guidée nous avons pu voir une collection assez disparate, des fauteuils Louis XV et Louis XVI et des pendules Boulles, des commodes et des lustres vénitiens, et aux murs, beaucoup de reproductions d'originaux (ce qui heurte un peu le regard du visiteur...), mais aussi un grand dessin de Helleu (dans son jus!), une toile de Puvis de Chavannes, etc... le tout assez mal mis en valeur (j'ai décidé de ne plus critiquer!), ainsi que deux belles vitrines de porcelaines (Sèvres, Meissen, etc...) Hélas, nous n'en avons pas vraiment profité à cause des enfants qu'il a fallu tenir dans nos bras tout au long de la visite. Cependant, bien qu'un peu déçus par la tristesse, le désuétude, le manque d'entretien et de mise en valeur de ce lieu pourtant prestigieux, nous avons passé un moment agréable et pu admirer un bel exemple d'architecture de belle demeure irlandaise XVIIIème (1741-1751). Construite en granit par Richard Castle (Cassels), Russborough House est un bel exemple du style palladien, ce style architectural qui s'inspire des œuvres et du style de l'architecte italien Andrea Palladio et qui fut particulièrement important en Angleterre dans la première moitié du XVIIIème siècle.

Un samedi après-midi à Russborough House.
Grandes Demeures d'Irlande
GRANDES DEMEURES D'IRLANDE
Véritable voyage à travers l'histoire sociale et architecturale irlandaise, cet ouvrage vous fera découvrir les plus belles demeures d'Irlande : Curraghmore et sa tour datant du Moyen Age, tout le charme de bâtiments aussi différents que Russborough, au sud de l'île, où les plâtriers du XVIIIe siècle ont mis en œuvre leur génie, ou encore le somptueux palazzo à l'italienne du XIXe siècle qu'est Ballywalter Park, dans le Nord.
Au fil des pages, on pénètre dans le secret de 26 grandes demeures dont le photographe Christopher Simon Sykes a su avec talent rendre le charme et la magie. Séduit par les décors merveilleusement romantiques et promenant son œil attentif sur le moindre détail, Hugh Montgomery-Massingberd fait vivre ou revivre ces bâtiments, racontant l'histoire de leur création et animant son récit d'anecdotes amusantes sur leurs propriétaires.
L'héritage architectural inégalable de l'Irlande et son foisonnement de demeures classiques ont longtemps été sous-estimés. Cet ouvrage témoigne de l'évolution des mentalités à l'égard de ces hauts lieux du savoir-faire irlandais. En le parcourant, vous saurez comment le Chevalier de Glin a amoureusement rassemblé une remarquable collection d'art et de meubles irlandais dans son château. Vous découvrirez qu'une nouvelle génération de propriétaires restaure aujourd'hui sans relâche un patrimoine aussi remarquable que Stackallen (début du XVIIIe siècle), le très palladien Castletown ou les joyaux géorgiens de Lyons et Charleville.
La gamme de styles architecturaux s'étend du gothique (Lismore, Crom, Birr, Tullynally) au néoclassique (Coole Castle, Lissadel) et style régent (Caledon) avec notamment l'audacieuse restauration de Barouscourt par David Hicks dans les années 1970, en passant par le tudor renaissant (killruddery). Salles de réception ou ailes réservées au personnel sont ici photographiées avec le même lyrisme. Le texte n'est pas moins coloré, évoquant les excentricités des seigneurs qui ont construit et habité ces lieux enchanteurs.
" Grandes demeures d'Irlande " est bien plus qu'un épanchement nostalgique : le présent et le futur de ces demeures sont évoqués, pour votre plus grand plaisir, avec la même verve que leur passé.

26.09.07
Michel Déon - Evelyn Waugh
Un livre sur l'Irlande:
Cavalier... passe ton chemin...
"L'Irlande existe peut-être... En vérité, on n'en sait rien. La dire imaginaire n'est pas faux non plus. Elle a trop bien joué de ses légendes et de son héroïque et désastreux passé. Entre les illusions et la réalité, la marge est à peine perceptible. Parce que l'Irlande parle d'abondance, le mieux est de l'écouter. Qui croire? Tout le monde sans doute. C'est bien plus simple. Les temps modernes n'ont pas encore fait taire les conteurs et les rêveurs, mais qu'on ne s'y trompe pas : l'imagination est au pouvoir. Quand un peuple en est aussi généreusement pourvu, il est assuré de survivre à toutes les tyrannies et un jour, de se retrouver en pleine lumière, au cœur de tous les dangers". M. D.
Le " premier essai d'Irlande " de Michel Déon, à Kilcolgan Castle, date de 1969. Cavalier, passe ton chemin ! est un livre de connaisseur, d'esthète aussi, où l'observation passionnée d'un pays et de ses habitants approfondit chaque fois un peu plus un sentiment d'affinité jamais démenti.
et à découvrir, pour lire dans la langue de Shakespeare: http://waughbio.free.fr/
24.09.07
Equitation et golf près de chez nous

Une nouvelle semaine débute, cela fait plus d'un mois que nous sommes arrivés, et il commence désormais à faire assez froid. Nous venons néanmoins d'avoir un temps très agréable samedi et dimanche. Ici, sur cette photo, on peut voir Falbala, un peu apeurée, observant un vrai cheval, dans un centre équestre que nous avons visité samedi après-midi.
Dimanche, j'ai donné les premiers coups de ciseaux dans mon métrage de lainage pour réaliser une petite robe d'hiver...
... avant de sortir en famille.
Nous avons profité du golf qui est au pied de la maison pour promener Filofax et Falbala dans les allées parfaitement entretenues, au risque de recevoir une balle sur le tête.

Et voilà, Filofax se met debout et tient très bien sur ses petites jambes. Sans doute marchera-t-il bientôt...
19.09.07
Premier anniversaire

J'attendais ce jour de septembre avec impatience car c'est un peu mon anniversaire aussi... Il y a un an... Notre petit bonhomme est né il y a tout juste un an. Pour une maman, ce sont de nombreux souvenirs qui rejaillissent, ceux de la maternité, les premières heures de vie de notre petit bébé, les visites quotidiennes de papa et Falbala, et enfin la fameuse sortie tant attendue, etc etc etc...
Filofax s'amuse déjà avec son nouveau train qui siffle tout en crachant une fumée de bulles de savon
14.09.07
Une matinée à Dublin
Welcome!

J'ai enfin revu Dublin samedi matin, pour la première fois depuis notre installation. Filofax et Falbala en ont profité pour avoir leur papa à la maison rien que pour eux, et vice-versa. Toute légère, j'ai pu me rendre où je voulais et à mon rythme! Résultat de ma promenade, j'ai trouvé mon bonheur dans une minuscule boutique de tissus où j'ai réussi à dénicher quelque chose à mon goût parmi un assez petit choix. Bien que n'étant pas une grande couturière, j'aime énormément ces cavernes d'Ali Baba où s'entassent et se côtoient couleurs, motifs, matières.... J'ai donc décidé de me mettre à l'ouvrage, la mode enfantine irlandaise étant (là je serai encore un peu critique) assez vilaine.

C'est un lainage très classique pour un modèle de robe tout simple (j'ai fini par craquer pour ce beau livre), mais j'aime cette couleur de bleu tirant vers le turquoise. Ce sont presque les mêmes tons que la laine que j'ai rapportée de Bretagne. Je ne connais que deux points de tricot, mais pour une écharpe c'est bien suffisant...
Un "shopping center" tout neuf au milieu des champs...
A un bon quart d'heure de marche de la maison vient d'être inauguré un centre commercial, très attendu de nous mais aussi, j'imagine, de tout ce nouveau voisinage qui nous entoure... Filofax et Falbala, à leur tour, l'ont inauguré ce matin avec moi. Qu'y trouve-t-on? Ni H&M ni Zara mais un supermarché flambant neuf, où j'ai trouvé des baguettes tout juste sorties du four...
C'est ce paysage désertique que nous traversons pour y accéder. 
11.09.07
Sunday morning in Dun Laoghaire

Le programme de ce troisième we en famille aurait pu ne tourner qu'autour de la coupe du monde de rugby si nous n'avions pas été sauvés par la messe dominicale, occasion idéale pour nous rendre à Dun Laoghaire. J'aime beaucoup cette ville portuaire, située au sud de Dublin, et à 25 minutes en voiture de chez nous (le dimanche matin...). Chaque dimanche, au milieu de la matinée, se tient un marché très restreint où surabondent des produits raffinés qui nous réconcilient avec la gastronomie irlandaise et nous réconfortent après le supermarché du samedi: fruits et légumes bio, pains et patisseries artisanales très "irish" (miam), fromages français (miam miam), huiles d'olives et tomates séchées italiennes, taboulés libanais etc....Il y a bien entendu un étal "crudivore", c'est bien le style!, mais que nous nous contentons de survoler. Nous n'omettons pas cependant d'admirer à chaque passage la propagande faite par le teint frais et la mine resplendissante de la très belle irlandaise qui y propose tous ses plats de crudités...
Ci-dessous: mon étal préféré

Autre avantage de Dun Laoghaire et son foodmarket: F. & F. ont pu sortir de la poussette!

10.09.07
Ni ascenseur ni facteur
Nous ne recevons aucun courrier depuis bientôt deux semaines pour une raison toute simple, que nous avons fini par chercher à connaître: le postman est en vacances et son remplaçant est malade. C'est donc logique... mais un peu archaïque à mon goût... En vérité s'ajoute à ces deux obstacles le fait que nous n'avons pas encore de boîtes aux lettres, la résidence n'étant pas encore achevée, et le facteur, quel qu'il soit, a décidé de ne plus venir jusqu'ici déposer le courrier devant les portes. Nous attendons donc, avec une vive impatience, une boîte aux lettres et un ascenseur. Voilà quels sont les inconvénients de s'installer dans un logement neuf, construit au milieu des champs! Pour le reste tout va bien, le paysage bucolique qui nous entoure ne fait qu'évoluer, se construisant à tour de bras. Nous observons avec fascination le "tigre celtique" rattraper son retard. Voici un article sur ce phénomène que nous constatons de nos propres yeux.
L'Irlande, jeune comme toujours, riche comme jamais L'Expansion du 23 mars 2006
Eldorado des biotechnologies, de l'informatique et de la pharmacie, le pays surfe sur une dynamique insolente. A tel point que sa jeunesse ne songe plus à chercher fortune ailleurs.
La pluie, le vent et l'heure tardive n'y changent rien. Même en pleine semaine, vers minuit, les rues du centre de Dublin débordent de monde. Plus précisément, elles grouillent de jeunes. Il faut zigzaguer sur les trottoirs pour contourner les groupes de fêtards agglutinés devant l'entrée des pubs, des restaurants et des cinémas. Dublin n'a plus rien de la « belle endormie » naguère chantée par ses poètes mélancoliques. Parce que la ville vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre, certes, mais surtout parce qu'à la langueur a succédé une euphorie juvénile sans précédent. Après quinze années d'un boom économique qui n'a pratiquement pas d'équivalent, même en Asie, l'Irlande vit en effet une période triplement historique : jamais elle n'a été aussi jeune, aussi riche et aussi fière. Fière, parce que, pour la première fois, les « enfants du boom » - ces moins de 25 ans qui représentent désormais 37,5 % de la population et font de l'île d'émeraude le plus jeune pays d'Europe - ne sont pas obligés de s'exiler pour se bâtir un avenir prospère. L'enthousiasme est partout palpable. Qui aurait pu croire, à la fin des années 80, que le pays connaîtrait une telle métamorphose ? En l'espace d'une décennie, le tigre celtique a terrassé tous ses démons : le chômage de masse, un endettement chronique et, surtout, la désastreuse émigration de ses jeunes talents. Inutile de scruter l'histoire, de remonter à la grande famine du milieu du XIXe siècle, pour en trouver les traces. La dernière grande vague de fuite des cerveaux remonte à seulement... 1989. Cette année-là, un Irlandais sur cent a quitté le pays. Imaginez, en France, l'impact qu'aurait le départ de près de 600 000 jeunes en une seule année... Au-delà des chiffres, le pays transpirait la morosité. « Nous avions un immense sentiment d'échec depuis notre indépendance, en 1922. C'était cela, notre héritage collectif », insiste Padraic White, l'un des pères des réformes économiques qui sont à l'origine du miracle. Confortablement installé au coin de la cheminée d'un hôtel cossu de Dublin, il peut aujourd'hui en sourire. « Mais à l'époque, dit-il, nous avions l'impression d'être condamnés à ressasser sans fin nos problèmes. » C'était hier, et c'est pourtant presque de la préhistoire pour les jeunes Irlandais déjà habitués à leur nouvelle opulence, au point qu'ils ne s'étonnent même plus de collectionner les premières places dans les palmarès économiques européens. l'Irlande est le pays européen où le chômage est le plus bas (4,3 % de la population active) et la natalité, la plus forte. C'est aussi le deuxième pays le plus riche de l'Union européenne, derrière le Luxembourg, avec un produit intérieur brut par habitant de 38 600 euros - presque trois fois plus qu'il y a dix ans ! Du coup, un Irlandais gagne en moyenne cinq mois de salaire de plus par an qu'un Français... « Je ne connais pas d'autre pays européen qui ait réalisé ce que l'Irlande a fait ces dix dernières années », insiste Edward Melaniphy, le jeune vice-président de 35 ans de Citigroup, première banque étrangère dans le pays. « Toute personne de moins de 30 ans a connu des changements radicaux dans sa vie quotidienne », remarque Louise Kelly, qui dirige, à seulement 31 ans, l'agence de recrutement Robert Walters, installée dans le quartier des Docklands de Dublin. L'un de ces changements a été le retour en masse des émigrés : 130 000 depuis cinq ans. Parmi eux, Kevin Mitchell, revenu à Dublin après dix ans passés aux Etats-Unis. A 35 ans, ce généticien a franchi le pas grâce au tapis rouge que l'Irlande déroule sous les pieds des jeunes chercheurs. En échange du « rapatriement » de leur savoir-faire, l'Etat leur offre des bourses pour mener à bien des projets de recherche. Signe, dit-il, que la roue a bien tourné : « Je reçois maintenant des candidatures d'Américains qui veulent venir travailler chez nous. » Désormais, l'île attire comme un aimant la jeunesse du monde entier. Fermez les yeux et ouvrez grand vos oreilles et vous entendez une cacophonie de langues dans les rues de Dublin. On y croise des Français, des Espagnols, des Chinois... Et des Polonais, beaucoup de Polonais. Ces derniers sont arrivés en masse (120 000) dans le pays depuis l'élargissement de l'Union européenne à dix nouveaux membres, anciens pays socialistes pour la plupart, en mai 2004. Rien d'étonnant à cela : l'Irlande est l'un des trois pays (avec le Royaume-Uni et la Suède) qui n'ont pas imposé de restrictions à la libre circulation de la main-d'oeuvre en provenance des pays d'Europe centrale. Ce renfort est un changement spectaculaire. Psychologique, d'abord, car l'Irlande apprend maintenant à être un pays d'immigration, pour la première fois de son histoire. Démographique, ensuite : grâce à cet apport, la population irlandaise vient de franchir la barre symbolique des 4 millions d'habitants. « Jusque dans les années 80, les personnes les plus exotiques que l'on pouvait rencontrer à Dublin venaient des comtés de Kerry ou de Donegal », plaisante l'historien Diarmaid Ferriter. Aujourd'hui, en slalomant entre les poussettes qui envahissent Grafton Street, l'une des artères commerçantes de la capitale, on croise des musiciens andins jouant de la flûte de pan, une danseuse de flamenco, un acrobate chinois et, tout de même, une petite blonde avec une harpe celtique. La lune de miel avec les étrangers bat encore son plein, tant les Irlandais sont fiers de leur nouveau statut de pays courtisé. A en juger par la fréquence avec laquelle l'expression boyfriend revient dans la conversation de ces deux jeunes Philippines gloussant sur la banquette d'un bus, l'intégration ne pose pas de problème pour l'instant... Les seuls à gémir sont les patrons. Avec le plein-emploi et une croissance robuste (5 % prévus en 2006), ils doivent se mettre en quatre pour attirer et surtout pour conserver leurs salariés. Angela Kennedy a du mal à se faire à cette nouvelle réalité. Comme beaucoup d'autres, elle a quitté l'Irlande pour l'Australie à la fin des années 80. Revenue au pays voilà quelques années, elle dirige Megazyme, une PME de biotechnologie qui a reçu de nombreuses distinctions pour ses kits d'analyse agroalimentaire, destinés notamment aux viticulteurs. Grande, filiforme et vêtue d'un élégant tailleur noir, elle n'a pas reconnu le pays de son enfance. « Lors de la création de mon entreprise, je recevais des candidats, mais c'était eux qui m'interrogeaient sur le salaire, les jours de repos, et les primes. Et ils se levaient en disant qu'ils allaient réfléchir. J'en restais bouche bée ! » Des histoires comme celle-là, Louise Kelly en entend à longueur de journée. Témoin de la vitalité du marché de l'emploi, l'effectif de son bureau de recrutement est passé de 3 à 30 salariés en trois ans. « Les attentes des jeunes diplômés sont délirantes, s'esclaffe-t-elle. Avec comme seul bagage un job d'été dans l'entreprise familiale, ils demandent d'emblée 28 000 euros par an. Et, le plus souvent, ils les obtiennent ! » S'il n'y avait que les salaires... Les entreprises doivent aussi aligner une ribambelle d'avantages pour retenir de jeunes employés de plus en plus volages. L'opération de séduction commence dès l'université, quand les employeurs offrent aux étudiants des contrats d'embauche dûment signés un an avant la fin de leur cursus. D'autres, se rappelle Louise Kelly, garantissent le poste à des jeunes qui, après un ou deux ans de travail, plaquent tout pour une année sabbatique. Sans compter les efforts pour faciliter la vie quotidienne des salariés. De plus en plus de grandes entreprises installent ainsi des crèches gratuites dans leurs locaux pour fidéliser les jeunes mères. Google n'échappe pas à cette règle. Basé en plein coeur de Dublin dans des locaux qui sentent encore la peinture, le géant américain a été l'un des plus gros recruteurs en 2005, et s'apprête à doubler ses effectifs, avec 600 embauches prévues d'ici dix-huit mois. Le décor est à l'image des employés, dont l'âge moyen est de 28 ans : canapés fluo et salles de jeux (baby-foot et ping-pong). Dès leur embauche, les salariés se voient offrir un VTT haut de gamme. Les repas sont gratuits, ainsi que les boissons et les friandises, disponibles en permanence dans la cuisine qui jouxte le grand plateau de travail. Aucune veste ni cravate en vue... Même sans qualification pointue - technique ou scientifique -, la plupart des jeunes affichent une déconcertante sérénité. Rebecca Jones, 23 ans, qui termine ses études de lettres, ne connaît pas les affres des littéraires français. Serrant son bol de thé fumant dans le sous-sol d'une des innombrables gargotes qui jouxtent le campus universitaire de Trinity College, elle ne doute pas un instant de son avenir. « Quel que soit mon choix, j'aurai forcément un travail d'ici à la rentrée de septembre, dit-elle avec conviction. D'ailleurs, tous mes amis de la promotion précédente ont un emploi. Quant à ceux qui ne travaillent pas, c'est parce qu'ils ont choisi de faire autre chose. » Cette assurance paisible est la grande force de la nouvelle génération irlandaise, si l'on en croit David McWilliams, un rouquin pétillant au visage poupin, malgré ses 39 ans. Il vient de dresser le portrait de cette jeunesse qu'il a baptisée la « génération Jean Paul II », celle du baby-boom qui a suivi la visite du Saint-Père en Irlande, en 1979. Son livre, The Pope's Children (« les enfants du pape »), publié avant Noël, est encore en tête des ventes. Ancien économiste à la Banque centrale d'Irlande et à BNP Paribas, David McWilliams s'est reconverti dans la presse. Impossible d'ouvrir un journal irlandais sans tomber sur une de ses chroniques, ni d'allumer la télévision sans croiser son regard dans le talk-show quotidien qu'il anime sur RTE One, la première chaîne locale. Son attitude est aussi décontractée que sa tenue - veste en jean et pantalon de velours gris -, et il ne se lasse pas de raconter la métamorphose irlandaise. « Au cours des cinq dernières années, dit-il, notre pays a connu des changements aussi profonds que les Etats-Unis pendant la ruée vers l'or ou l'Angleterre durant la révolution industrielle. » Le plus étonnant, dans le cas de l'Irlande, c'est que cette transition très libérale a été réalisée sans dégâts. Les réformes ne se sont pas accompagnées des rudes conflits sociaux qui ont éprouvé le Royaume-Uni durant les années Thatcher. « Nous avons pu faire une omelette sans casser les oeufs », se félicite David McWilliams. Démentant les pronostics économiques, l'Irlande semble en effet avoir maîtrisé la quadrature du cercle : faible fiscalité, déficit budgétaire insignifiant (0,6 % du PIB), endettement public aussi bas (28 % du PIB) et consommation florissante (+ 5 % en 2005). Pour l'instant, rien ne semble entamer l'optimisme des jeunes Irlandais. Pas même la flambée immobilière surréaliste (+ 180 % en dix ans !), ni l'endettement record des ménages qu'elle entraîne, ni la très grande dépendance de l'économie envers une poignée de multinationales qui représentent les deux tiers des exportations du pays. De temps à autre, il y a bien quelques rabat-joie pour prédire le pire. Mais ils se sont déjà trompés si souvent que leurs mises en garde sont maintenant accueillies par un haussement d'épaules collectif. John Fitzgerald fait partie de ces économistes qui prêchent dans le désert. « Après dix ans de croissance soutenue, le pays baigne dans une aura d'invincibilité », s'inquiète-t-il en caressant pensivement sa barbe touffue. La croissance, certes, finira bien par se calmer un jour. Mais il en faudra davantage pour entamer la foi des jeunes en l'avenir, tant ils se sentent forts du privilège que leurs parents n'ont jamais connu : un avenir dans leur propre pays.
04.09.07
3ème sans ascenseur
Cela ne vous impressionne peut-être pas mais moi, j'y renonce pour aujourd'hui. Descendre mes trois étages n'est pas le plus difficile. Un enfant sous chaque bras et mon sac en bandoulière, je porte aisément ces 25 kg harmonieusement répartis à califourchon sur mes hanches. Remonter est une autre histoire! D'autant plus que la charge est souvent apesantie par mes courses qui sont presque à elles seules le prétexte de notre sortie. Deux litres de lait, un magazine, deux manteaux qui se seront avérés superflus etc... peuvent ramener l'ensemble des "paquets" à une trentaine de kilos. Falbala, qui sait parfaitement monter les escalier, refuse d'avancer. Je finis par monter chaque étage et chaque enfant un par un... Aujourd'hui, je profite de notre balcon qui, en réalité, est largement suffisant pour faire prendre l'air à F. & F.
Les voici précisément en train d'observer la vie et les travaux des ouvriers qui animent toute la journée notre résidence. Mais qu'attendent-ils pour mettre les ascenseurs en marche! Et merci de penser à un tobogan ou à une balançoire, la résidence semble peuplée de petites familles!



